Ma démarche
Pourquoi mon enseignement continue d’évoluer ?
Si tu m’avais demandé il y a quelques années quel yoga j’enseignais, je t’aurais répondu sans hésiter : « Du Hatha Yoga. » Et aujourd’hui ? Je répondrais toujours la même chose… mais j’ajouterais que ce n’est qu’une partie de l’histoire. Le Hatha Yoga est la base de mon enseignement et il le restera. C’est lui qui m’a donné mes fondations, et c’est sur elles que je construis encore aujourd’hui.

Mais, avec le temps, ma façon de comprendre le mouvement et de transmettre le yoga a évolué et j’avais envie de t’expliquer pourquoi.

Tout est parti d’une transmission.
Lorsque je me suis formé pour devenir professeur, j’ai appris le Hatha Yoga traditionnel.
Cette formation m’a donné des bases solides, une méthode et une façon d’aborder la pratique que je continue de transmettre aujourd’hui.
Pendant plusieurs années, j’ai cherché à rester fidèle à cet enseignement.
Avec le recul, je crois que c’était nécessaire.
Avant de vouloir faire évoluer quelque chose, il faut d’abord le comprendre, le pratiquer et le transmettre.
Puis les questions sont arrivées.
Je n’ai jamais cessé d’apprendre.
Je lis, je pratique, je continue à me former et, surtout, j’observe énormément mes élèves.

Au fil des années, je me suis intéressé à d’autres approches du corps et du mouvement : le yoga tibétain, le travail respiratoire, la mobilité, le qi gong, le tai-chi…
Mais aussi au travail de professionnels qui ne viennent pas forcément du yoga et qui portent un autre regard sur le mouvement, la force, la respiration ou la mobilité.
Plus récemment, j’ai commencé à approfondir le travail de Simon Borg-Olivier, cofondateur de Yoga Synergy, dont l’approche associe yoga, anatomie, physiologie, respiration et mouvement.
Ce qui m’a toujours le plus intéressé dans ces recherches, c’est que les différentes approches peuvent parfois sembler contradictoires.
Dans certaines traditions, les postures sont tenues longtemps.
Dans d’autres, le corps reste presque constamment en mouvement.
Certaines recherchent une intensité importante.
D’autres cherchent au contraire à éviter le sur-effort et à rester volontairement en dessous de la limite.
Même la façon de respirer peut varier considérablement selon les méthodes et les objectifs.
Au début, je dois l’avouer, cela m’a un peu retourné le cerveau.
Je me demandais :
« Alors… qui a raison ? »
Puis j’ai compris que ce n’était probablement pas la bonne question.
Une pratique peut être pertinente dans un contexte et beaucoup moins dans un autre. Une consigne peut aider une personne et ne pas convenir à celle qui pratique juste à côté.
Et parfois, une consigne apparemment très simple peut complètement transformer une posture.
La manière d’orienter le bassin, d’utiliser les omoplates, d’organiser les appuis ou de respirer peut modifier à la fois la sensation, l’effort et la façon dont le mouvement se répartit dans le corps.
J’apprends aussi à accorder davantage d’importance à la manière d’entrer et sortir d’une posture, et pas uniquement à la forme finale ou au temps passé à la maintenir.
Le mouvement, les transitions et la capacité à utiliser activement son corps deviennent alors une partie essentielle de la pratique.
La question est donc devenue :
Pourquoi est-ce que cela fonctionne ?
Pour qui ?
Dans quel contexte ?
Et dans quel objectif ?
C’est cette réflexion qui guide aujourd’hui une grande partie de mon travail.
Je cherche moins à savoir jusqu’où aller dans une posture qu’à comprendre comment y aller.
Je ne collectionne pas les méthodes.
J’essaie de comprendre ce qu’elles peuvent m’apprendre, de les expérimenter dans ma propre pratique et de ne transmettre que ce qui me semble réellement pertinent.

Comprendre avant de transmettre.
Je ne cherche pas la meilleure méthode.
Je ne pense d’ailleurs pas qu’il en existe une qui convienne à tout le monde et dans toutes les situations.
Chaque approche possède ses qualités, ses limites et son contexte.
Ce qui m’intéresse, c’est de mieux comprendre le corps humain et le mouvement.
Pourquoi une consigne fonctionne-t-elle ?
Pourquoi une autre conviendra-t-elle davantage à une personne différente ?
Comment rendre une posture plus accessible sans lui faire perdre son intérêt ?
Comment développer la force sans sacrifier la mobilité ?
Comment construire une pratique exigeante qui reste durable ?
Plus j’avance, plus je réalise que le corps est souvent plus intelligent que nos certitudes.
Et c’est probablement ce qui rend ce métier si passionnant.
Continuer à être un élève.
Je crois qu’un professeur devrait rester un élève toute sa vie.
Sinon, son enseignement finit peu à peu par se figer.
C’est pour cette raison que je continue à me former et que je souhaite consacrer une grande partie des prochaines années à approfondir l’anatomie, la physiologie du mouvement, la respiration et la manière dont le corps s’organise dans l’effort.
Une partie importante de ce travail passe aujourd’hui par l’étude de Simon Borg-Olivier et de l’approche Yoga Synergy.
Son enseignement m’amène à revisiter des choses que je pensais parfois déjà connaître : la respiration abdominale, l’organisation du bassin et de la colonne, le rôle des omoplates, les appuis, les co-activations musculaires ou encore la manière d’entrer et sortir d’une posture.
Pas pour compliquer le yoga.
Au contraire.
Pour mieux comprendre ce que j’enseigne et être capable de l’expliquer plus simplement.
Je te rassure au passage…
Je ne reviendrai pas chaque lundi en te disant :
« Finalement, oublie tout ce qu’on a fait la semaine dernière ! » 😄
Je préfère laisser le temps aux idées de mûrir.
Les étudier.
Les pratiquer.
Les expérimenter.
Les remettre parfois en question.
Puis les intégrer progressivement dans mes cours.
Je n’essaie pas non plus de remplacer une méthode par une autre du jour au lendemain.
Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre pourquoi une proposition fonctionne, ce qu’elle apporte et dans quel contexte elle peut être utile.
Je préfère transmettre une idée que j’ai réellement comprise et éprouvée dans ma propre pratique plutôt qu’une nouveauté que je viens juste de découvrir.
C’est aussi pour cette raison que mon enseignement continue d’évoluer, mais sans précipitation.

Pourquoi Fondation, Progressif et Dynamique ?
En faisant évoluer ma manière d’enseigner, ma façon de penser les niveaux a elle aussi changé.
Je les envisage de moins en moins comme une échelle allant du cours le plus facile au cours le plus intense.
Fondation, Progressif et Dynamique partagent aujourd’hui le même socle de pratique.
Respiration, appuis, mobilité, stabilité, conscience corporelle et qualité du mouvement sont présents dans les trois.
Ce qui change surtout, c’est le temps consacré à l’apprentissage, l’autonomie demandée et la continuité du mouvement.

Fondation
Comprendre et ressentir.
Je prends davantage de temps pour décomposer les mouvements, explorer les sensations et construire les principaux repères.

Progressif
Intégrer et coordonner.
Les mêmes principes sont progressivement associés entre eux, avec davantage d’autonomie et des transitions plus présentes.

Dynamique
Mettre les principes en mouvement.
La pratique devient plus continue et plus fluide. L’enjeu est de conserver respiration, contrôle et qualité du mouvement lorsque les transitions s’enchaînent.
Le passage d’un cours à l’autre ne dépend donc pas uniquement du nombre d’années de yoga ni du niveau sportif.
Certaines personnes possèdent naturellement une bonne conscience corporelle : elles comprennent rapidement comment orienter leur bassin, mobiliser leurs omoplates, organiser leurs appuis ou ajuster une action musculaire. Elles peuvent parfois être à l’aise très rapidement dans une pratique plus continue.
D’autres ont besoin de davantage de temps pour ressentir et contrôler ces mêmes mouvements.
Il n’y a donc pas de hiérarchie entre les trois cours.
Ils correspondent surtout à différents degrés d’accompagnement, d’autonomie et de continuité dans la pratique.
Et cette année, leurs frontières peuvent parfois être plus proches : ma façon d’enseigner évolue et je préfère prendre le temps d’intégrer ces nouvelles bases avec mes élèves plutôt que de précipiter le mouvement simplement parce qu’un cours porte le nom « Dynamique ».

Ce qui ne changera jamais.
Je ne sais pas exactement comment j’enseignerai dans dix ans.
Et finalement, je trouve cela plutôt rassurant.
Parce que cela signifie que je continuerai à apprendre.
En revanche, une chose est certaine : je ne modifierai jamais ma manière d’enseigner simplement parce qu’une nouvelle méthode est à la mode.
Si mon enseignement évolue, ce sera toujours après avoir pris le temps de comprendre, d’expérimenter et d’intégrer ce que je souhaite transmettre.
Mon objectif n’est pas de réinventer le yoga.
Il n’est pas non plus d’opposer la tradition aux approches plus modernes.
Mon objectif est de mieux comprendre ce que chaque approche peut apporter, dans quel contexte et pour quelle personne.
Pour pouvoir ensuite transmettre le yoga avec toujours plus de justesse, de clarté et de respect du corps.
Au fond, ce que j’essaie de construire est assez simple :
Un yoga qui développe un corps fort sans accumuler de tensions inutiles.
Une mobilité qui se construit sans forcer.
Une respiration qui permet de rester ferme mais calme.
Un esprit plus stable.
Un yoga qui ne cherche pas seulement à réussir une posture aujourd’hui, mais qui donne au corps et à l’esprit les moyens de pratiquer longtemps.
Merci de prendre part à cette évolution.